(AN)TRIEB – (IM)PULSION   

 

Depuis plusieurs années, les créations de la compagnie Icosaèdre se nourrissent de recherches ouvertes sur le monde et la société qui nous entoure ; aujourd’hui c’est la question de la valeur du travail qui est posée avec le projet « Work in process - le procès du travail ». Initié en 2009, ce projet a trouvé son aboutissement avec la création pour la scène de (AN)TRIEB – (IM)PULSION.

Cette recherche à la fois scénique et théorique autour de la notion de travail dans la danse et dans la société, questionne la place de l’effort physique, dans un monde où les outils informatiques nous permettent de nous engager dans des discussions, des créations et, ou, des « immersions virtuelles », sans que le corps soit impliqué dans un effort gravitaire.

Le projet a été mené comme un « processus » ouvrant sur des master-class, des performances et des échanges avec des universitaires à Reims et à l’étranger. La recherche chorégraphique a abordé la pratique du danseur, plus particulièrement celle qui s’inspire de Rudolf Laban: la gravité et la force, les différents degrés de résistance, l'intention, la trace du mouvement et son influence dans notre perception, l'espace réel et imaginaire, la force de la représentation mentale dans le geste dansé…

(AN)TRIEB – (IM)PULSION

Pièce chorégraphique de Marilén Iglesias-Breuker
Conseil Artistique : Luc Petton  / Lumières : Sylvie Vautrin
Conseil Musical : Laurence Meisterlin / Musiques : Luzmila Carpio, Patricia Martinez, Oval Syste Misch

Collaborations scientifiques :
Arturo Iglesias-Echegaray (économiste) et Henri Jorda (économiste et sociologue).

Recherche en studio et Interprétation :
Aurore Castan-Aïn, Julie Barbier, Agnès Pancrassin et Katia Petrowick.

Production : Icosaèdre avec le soutien de la DRAC de Champagne-Ardenne, le Conseil Général de la Marne/ORCCA, le Département de la Marne et la Ville de Reims. Créé en résidence à La Laiterie de Strasbourg, en partenariat avec l’Université de Reims-Champagne-Ardenne.

 

 

Le jeu des lois physiques de l’effort, l’équilibre des forces, l’utilisation « en amie » de la force de gravité, le rapport à l’espace scénique, aux volumes et aux plans, est mis en évidence par la danse en relation intime avec 4 objets aussi simples que quotidiens : 4 tables carrées. Un premier volet a été élaboré en mettant l’accent sur l’implication psychique et physique donnant à percevoir le « danseur-pensant », tendant à réaliser la formule du renversement philosophique : « je danse donc je pense» ou, comme le dit Haruki Murakami « C’est seulement quand je suis physiquement aux prises avec un fardeau concret…que mon compteur intellectuel grimpe ».

La danse, architecturée, se joue des contraintes jusqu’à l’extrême limite, pour inventer un espace de liberté improbable. Plans, angles et points de fuite se conjuguent avec les corps pour donner en perspective l’horizon infini de la condition humaine : « corps souffrant et aliéné du labeur, corps transfiguré et dansant du désir. (B.Weber) ».